Retour à la normale au Royaume-Uni : une reprise risquée ?
Retour progressif à la vie normale
Le Royaume-Uni a officiellement levé la plupart des restrictions liées à la pandémie de COVID-19, marquant un retour à une vie quasi-normale. Cette décision, prise le 18 juillet 2021, inclut la réouverture des boîtes de nuit, des lieux de divertissement et la suppression de l'obligation de port du masque et du télétravail. Le Premier ministre, Boris Johnson, en confinement après un contact avec un ministre infecté, a appelé à la prudence et à l'accélération de la vaccination.
Des inquiétudes grandissantes chez les scientifiques
Cette levée des restrictions a suscité de vives critiques de la part des scientifiques et de l'opposition, qui la qualifient de « saut dans l'inconnu » et mettent en garde contre les risques d'une nouvelle vague de contamination. Le nombre quotidien de cas a dépassé les 50 000, plaçant le Royaume-Uni au troisième rang mondial après l'Indonésie et le Brésil. Ces chiffres alimentent les craintes quant à la capacité du système de santé à faire face.
L'argument de la vaccination et de la saisonnalité
Le gouvernement britannique justifie cette décision en soulignant que plus des deux tiers de la population adulte a reçu une dose complète du vaccin. Boris Johnson a également évoqué la nécessité d'agir rapidement pour profiter de la période estivale, considérée comme une « barrière de feu » avant l'arrivée de l'hiver, où le virus pourrait se propager plus facilement. Il insiste sur l'importance de la vaccination pour minimiser les risques.
Les critiques de l'opposition et des experts
L'opposition, représentée par le porte-parole de la santé du Parti travailliste, Jonathan Ashworth, accuse le gouvernement d'un manque de prudence. Les scientifiques partagent également ces inquiétudes, soulignant les dangers potentiels pour la santé publique à l'échelle mondiale. Ils réclament le maintien de mesures de protection, notamment le port du masque.
Le variant delta et la pression sur le nhs
Le professeur Neil Ferguson de l'Imperial College London avertit que le Royaume-Uni pourrait atteindre les 100 000 cas quotidiens en raison de la propagation incontrôlée du variant Delta. Il prévoit une augmentation potentielle du nombre d'hospitalisations à 2 000 par jour. Les médecins craignent que cette augmentation de la charge de travail ne mette à rude épreuve le NHS (National Health Service) et favorise l'émergence de nouveaux variants.
Des mesures différentes selon les régions
Alors que l'Angleterre a levé toutes les restrictions, l'Écosse et le Pays de Galles maintiennent certaines mesures, comme l'obligation de porter le masque. Les voyageurs vaccinés revenant de pays de la liste « Amber » en Europe ne sont plus soumis à une quarantaine, à l'exception de ceux venant de France. Le gouvernement britannique s'inspire des exemples d'Israël et des Pays-Bas, qui ont dû réintroduire des restrictions après une période d'assouplissement.
